Dans un match où le sort se sera acharné sur eux avec les sorties sur blessure, en première mi-temps, de Dindane et Hilton, les Lensois ne seront pas parvenus à trouver la faille face à de vaillants Monégasques (0-0). Avec l’autre match nul de ce samedi entre Toulouse et Paris (1-1), c’est un statu quo qui marque cette 36e journée en bas de classement de L1. Il reste au Racing deux difficiles rendez-vous pour sauver sa place au sein de l’élite : un déplacement à Lille et la réception de Bordeaux...
Il aurait pu être là. Il n’est finalement pas venu. Eu égard à un emploi du temps extrêmement chargé, le président Sarkozy n’aura finalement pas profité des tribunes de Bollaert sous le soleil. Il restera donc un match au président français pour assister à une rencontre à Lens, ce sera face à Bordeaux le 17 mai prochain. En revanche, les joueurs sang et or ont, quant à eux, tout fait pour répondre à l’invitation à rester en L1 la saison prochaine en affichant un état d’esprit irréprochable de la première à la 90e minute… même si ce match s’est finalement soldé par un nul. Des regrets donc, puisque Lens aurait pu prendre une avance sensible sur ses poursuivants immédiats, mais pas d’amertume tant le peuple lensois, supporters et joueurs en tête, ont poussé dans le même sens, ce soir. « Difficile de jouer face à une équipe regroupée derrière qui n’attend que de pouvoir contrer », déclarera JPP à l’issue du match.
Lens porté vers l’attaque
Le tandem Daniel Leclercq – Jean-Pierre Papin ne nous a pas réservé de réelle surprise d’avant-match quant à la composition du Racing club de Lens, au coup d’envoi. Milan Bisevac a suppléé Coulibaly (légèrement blessé) dans l’axe, aux côtés de Hilton. L’entrejeu était composé d’un trio "Carrière - Kovacevic - Lacourt". Trois hommes chargés de distiller les meilleurs ballons pour Monterrubio à gauche, Boukari à droite et Aruna Dindane, une nouvelle fois seul en pointe. Côté monégasque, Ricardo a dû faire face à une pléiade de forfaits puisque Pokrivac et Pérez étaient suspendus, Piquionne, Gakpé, Bernardi et Roma étaient de leur côté aux abonnés absents pour cause de blessure.
Dindane et Hilton hors jeu
Les conditions de jeu étaient idéales puisque, Bollaert plein comme un œuf pouvait hurler son soutien aux joueurs lensois dans un climat presque estival. Et les joueurs du Racing, manifestement conscients du caractère crucial que revêtait ce match, sans être paralysés par l’enjeu, démarraient cette rencontre sur les chapeaux de roue. En effet, dès les premières actions de jeu, on sentait les lensois bien dans leur sujet. Audacieux dans le domaine offensif et appliqués sur le registre défensif, le match des joueurs lensois ne pouvait pas mieux commencer. Du moins, jusqu’à la première minute et demi de cette rencontre, puisque Aruna Dindane se blessa au genou gauche (ligaments croisés) en voulant empêcher un ballon de filer en sortie de but. Poisse quand tu nous tiens ! L’Ivoirien fût donc logiquement remplacé, poste pour poste, par Toifilou Maoulida.
Pourtant, loin de se laisser abattre par ce nouveau coup du sort, les hommes de Jean-Pierre Papin poursuivaient leurs efforts. Eric Carrière hérita de la première occasion, aux vingt mètres, dès la cinquième minute de jeu. Monaco répondit, quatre minutes plus tard, par l’intermédiaire de Nenê, maître passeur et déjà décisif à de nombreuses reprises cette saison. Mais ce premier avertissement resta sans frais, le ballon passant juste au dessus de la cage de Runje. Mais ce fut là, l’une des deux seules occasions de l’AS Monaco pendant cette première période. Car l’essentiel des actions fut lensois. A la douzième minute, Razak Boukari, sur un dégagement du portier lensois, dévia la balle vers le but monégasque, mais Ruffier s'en saisit juste devant Toifilou Maoulida. Quatre minutes plus tard, l’attaquant lensois remit le couvert ou plutôt la tête, cette fois-ci juste au dessus du but. Rassuré par le jeu produit par son équipe, le public lensois vibrait et s’enflammait sur une tentative de lob-centre de Milan Bisevac. Mais comme Audard quelques semaines plus tôt, le talentueux et prometteur Stéphane Ruffier sortait le grand jeu. Pour le plus grand désarroi d’Olivier Monterrubio auteur d’une splendide frappe à la vingt-cinquième minute. Monterrubio intenable, deux minutes plus tard, frappait juste à côté des cages monégasque, alors qu’Eric Carrière, en position d’avant-centre avait intelligemment temporisé avant d’adresser la passe parfaite au gaucher lensois.
Puis de fut la crise. La crise de nerfs à la demi-heure de jeu, lorsqu’Hilton se blessa à son tour. Victime d’un pied haut de Gonzales dans la surface du Rocher, le brésilien dût sortir, amoché et longuement soigné par le staff médical lensois, à l’endroit exact où Aruna avait été ausculté quelques minutes auparavant. « Popo » Coulibaly fit donc son entrée dans l’axe, ovationné dès son entrée en jeu. Le Racing décidemment pas vernis, il devenait impératif de se rassurer rapidement au tableau d’affichage afin d’éviter un nouveau coup de malchance. Ce que faillit faire Maoulida, très bien servi par Monterrubio, si Ruffier ne s’était pas interposé. Malheureusement, en dépit de l’outrageante domination sang et or, les Lensois ne parvinrent pas à ouvrir le score durant les quarante-cinq premières minutes. Lacourt tenta bien sa chance de loin dans les arrêts de jeu, mais le score en resta là.
Toulouse et Paris partagent les points, Lens domine
A la reprise, les lensois regagnaient la pelouse de Bollaert, après avoir appris que Toulouse et Paris s’étaient quittés sur un score de parité (1-1). Un résultat plutôt bon pour les Lensois, à en croire les viva d’un public toujours aussi magique. A croire que la terminologie de douzième homme a été inventée pour eux. Pourtant, c’est bien Monaco qui se montrait dangereux en début de seconde période. Djamel Bakar manquant de peu le cadre artésien. Bakar encore lui, qui sans un retour hallucinant de Nadir Belhadj, aurait pu crucifier les joueurs lensois. Belhadj ! Belhadj ! Monterrubio ! Monterrubio ! Carrière ! Carrière ! Le public avait beau scander le nom de ses valeureux, les minutes passaient sans que les écrans géants n’inscrivent le moindre changement au tableau d’affichage. Toujours 0-0 à l’heure de jeu et plus aucun ongle à ronger…
La surprise du chef
A la 61e minute de jeu, Perreira eut l’occasion d’ouvrir le score pour Monaco en décochant une jolie frappe côté droit. Mais Runje, intraitable, se montrait lui aussi à la hauteur. Et puis ce fut la surprise du chef et l’entrée de Loïc Rémy à la place de Razak Boukari (63e). Incertain à cause d’une cheville toujours douloureuse, Rémy retrouvait le terrain après un mois d’absence. Et les Lensois continuaient de pousser, essentiellement par des frappes lointaines mais non cadrées (Monterrubio, 77e, Rémy, 78e, et Bisevac, 79e). Toujours dominateurs, les hommes de Jean-Pierre Papin et Daniel Leclercq ne parvenaient pas à s’approcher assez de la surface pour tromper la vigilance de Stéphane Ruffier. A trop vite vouloir marquer, nos Lensois manquaient parfois de précision, notamment dans le dernier geste. Et lorsque le speaker du stade Bollaert annonça les deux dernières minutes de temps additionnel qu’il restait à jouer, le score était toujours nul et vierge. Un dernier corner monégasque fit bien passer un frisson sur Bollaert mais le Racing club de Lens et l’AS Monaco en restèrent finalement là. Les Sang et Or empochent un seul petit point mais restent au contact de leur adversaires directs pour le maintien, avant de se déplacer à Lille et de recevoir Bordeaux pour la dernière journée de championnat. Ricardo et ses hommes assurent leur maintien.
Jean-Pierre Papin : « [faisant référence à la blessure d’Aruna Dindane, puis à celle de Vitorino Hilton] Au bout de trois minutes, tous nos plans sont foutus en l’air. Tout ce que l’on avait prévu est tombé à l’eau. Il fallait prendre des points aujourd’hui, et l’on perd rapidement deux joueurs importants… Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’état d’esprit de chacun. C’est le même qu’il faudra avoir à Lille et face à Bordeaux lors de la dernière journée… Ce soir, on s’est attaqué à un mur qui ne cherchait que des opportunités de contres. Mais il faut continuer à aller de l’avant, et y croire toujours. Nous sommes à 180 minutes de la fin du championnat, et c’est lors de ces 180 minutes que tout va se jouer… Peu importe le score qu’il y a eu entre Toulouse et Paris aujourd’hui, c’est avant tout sur nous qu’il faudra compter. »
Daniel Leclercq : « C’est seulement un point de pris… mais c’est déjà un point !... On n’a pas été mis dans les meilleures conditions après les blessures de deux de nos joueurs cadre. La poisse nous poursuit. On avait avant tout misé sur l’offensive, et la blessure d’Aruna Dindane, dès la deuxième minute, a été un coup dur... Même si Toifilou Maoulida a fait une très bonne entrée, tous nos plans ont été revus. Je retiens avant tout l’état d’esprit. On a évité le pire, et on a su écarter cette poisse qui ne nous lâchait pas concernant le score. On a juste manqué de réalisme et d’opportunisme. Il va falloir se lâcher à Lille. Ce n’est pas simple, bien sûr, mais l’équipe a toujours mieux joué quand il y avait de l’enjeu. »